J’ai testé pour vous : la dépression.

    Eh salut vous ! Vous n’avez pas idée à quel point ça m’a manqué d’écrire par ici. À quel point vous m’avez manqué.

    Je reviens avec un titre volontairement « rentre dedans ». Parce que prendre de pincettes pour parler d’un sujet sensible ce n’est pas trop mon truc. Je suis plutôt du genre bourrin – trop, parfois – et je ne vois pas l’intérêt de parler tout bas des choses qui fâchent.

Après tout, la dépression c’est pas comme Voldemort et prononcer son nom n’est pas synonyme de mort imminente (ou, dans le cas présent, de dépression). Puis vous imaginez un texte entier de « Celle-dont-on-doit-pas-prononcer-le-nom » ? Barbant, on est d’accord.

Enfin, trêve de blabla et passons aux choses sérieuses.

Ma dépression

    Après un été 2018 particulièrement difficile – pour tout un tas de raison un peu longues à expliquer et parfois un peu rasoirs, on va se l’avouer – je suis rentrée chez moi avec la sensation d’être complètement vide.

Qu’à cela se tienne, me suis-je dit, je ne vais pas me laisser abattre et je vais faire tout un tas de choses (travailler plus, sortir plus, dormir moins, faire plus de sport, etc., etc.). Réaction humaine. Je rentrais chaque soir en pleurant dans mon petit studio et je ne me suis jamais sentie aussi seule malgré la présence de mes amis et de ma famille. Mon cerveau tournait à plein régime jour et nuit, sans me laisser de répit, en me donnant tout un tas de scénarios possibles pour m’aider à en finir avec cette solitude grandissante (scénarios qui finissaient rarement avec une Sarah courant dans les prés avec ses amis les papillons, comme vous pouvez vous l’imaginer.)

Les jours deviennent des semaines et les semaines deviennent des mois. La sensation de vide augmente et je peux passer des plombes à contempler une fissure sur un mur. Les gens peuvent m’expliquer pendant des heures la plus simple des informations, je leur fais répéter plusieurs fois et je fonds en larmes régulièrement pour des broutilles. Moi qui suis une personne très organisée, je perds tout, j’oublie tout et j’ai l’impression que rien ne reste dans mon cerveau qui semble être devenu une bouillie infâme de matière grise.

Quelques jours avant un stage, lors d’un jogging, ma cheville tente un magnifique 90°. Je me retrouve donc avec un pied de schtroumpf et de magnifiques béquilles. Cela ne m’arrête aucunement et je continue ma course effrénée vers l’immense mur dressé devant moi.


La collision.

Le 14 novembre 2018, après un petit tour en ambulance et plusieurs heures affalées dans un lit d’hôpital le médecin m’annonce « Vous êtes dans un état d’anxiété généralisée, mademoiselle. » Le monde s’écroule autour de moi. Je peste en cherchant désespérément des réponses à mes questions comme « Comment est-ce que j’ai pu laisser ça arriver ? Pourquoi moi ? ». Quelques jours plus tard, une psychiatre va plus loin dans le diagnostic : « Dépression et Burn out étudiant ».

Je viens de me prendre la plus grosse claque de ma vie.

Dépression et burn out ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Comment ? Pourquoi ? Depuis quand ?

Contrairement à ce qu’on pense, c’est un long processus. On ne se retrouve pas avec une gentille petite bestiole qui frappe à notre porte « Salut, c’est Dépression et j’ai décidé de m’installer chez vous aujourd’hui ! ». Non.

Beaucoup plus vicieuse, la dépression s’insinue par des petites fissures, parfois minuscules et qui semblent sans importances. Elle s’installe confortablement et finit par se faire un nid bien confortable dans un coin de ta tête. Elle commence par de petites interventions ici et là avant de balancer l’artillerie lourde. Tout n’est qu’une histoire de timing et d’hormones après tout. Un petit grain de sable dans la machine et PAF te voilà remplis de tristesse et de solitude. Ça aura pris près de 2 ans et demi à s’installer pour ma part.

Je te passerai bien les détails des jours qui ont suivi ma nuit aux urgences et le premier rendez-vous chez la psychiatre : 7 kilos de perdu, des pleurs à répétition, des crises d’angoisse phénoménales et des nuits de folies.

Je suis du genre têtu tu vois (au cas où tu ne l’aurais pas remarqué) et prendre des anti-dépresseurs c’était comme avouer que j’avais « un problème » et je refusais de me l’avouer. J’avais donc dit OK pour prendre des pilules, mais de moitié moins fort que ce qu’on m’avait proposé au départ – faut pas déconner non plus. Après une semaine, je prends enfin conscience de l’étendue de la pente à gravir et qu’un peu plus d’aide ne serait pas de refus. J’accepte alors la bonne dose d’antidépresseur.

Je commence tout doucement à reprendre les rênes de ma vie même si je ne peux pas me faire totalement confiance pour tout, je décide de ne prendre aucune grosse décision tant que je ne me serai pas remise. Mon copain, ma famille et mes amis me soutenant largement dans cette démarche.

Se remettre d’une dépression et d’un burn out c’est comme réapprendre à marcher. C’est long. C’est trèèès long. C’est d’autant plus long que madame dépression t’allonges le temps, ou du moins te donne l’impression que ce dernier s’allonge. Et quand tu n’as aucune patience avec toi-même – comme moi – c’est une difficulté supplémentaire, car tu n’accordes pas de temps au temps. Et ce sera mon seul et unique conseil pour toi si tu es atteint d’un de ces maux un jour : donne du temps au temps, mais surtout donne-TOI du temps.

Aujourd’hui, j’ai diminué de moitié les antidépresseurs. Je ne vais pas te mentir, il reste encore un peu de chemin, mais je suis beaucoup plus confiante dans ces derniers pas qu’il y a quelques mois.


Alors, prenez soin de vous.

Je vous embrasse ♥

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